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12/08/2015

Jean va au Burkina

Première page d'un des chapitres du roman que j'ai commencé à écrire......


Jean se réveilla alors que la voix de l’hôtesse annonçait la descente vers Ouagadougou. Un petit pincement au creux de l’estomac le surprit. Voilà déjà 2 ans qu’il n’était pas revenu dans ce pays, si cher à son cœur. Autour de lui les autres passagers s’affairaient. Remonter sa tablette, ranger son ordinateur portable, s’éveiller ou ranger des affaires, était devenu un rituel quasi immuable dans les avions à l’approche des destinations. La portion de l’appareil qui accueillait les toilettes agissait comme un lieu d’attraction, comme d’ailleurs chaque fois que le chef de cabine en annonçant la descente, recommandait de rester assis jusqu’à la fin du voyage.
Tout ce mouvement amusait Jean qui restait tranquillement à sa place. Il pensait à ceux qui étaient restés en France. Sa famille, ses amis, tous ceux qui n’avaient voulu ou pu l’accompagner cette fois-ci. Encore une fois, il savait qu’il allait faire une nouvelle coupure bienfaitrice dans sa vie. Comme à chacun de ses séjours en terre burkinabé depuis près de 20 ans.
Comment allait-il trouver le pays? Il savait par l’intermédiaire d’amis ou d’informations glanées çà et là, que le pays continuait sa route vers le modernisme. Au gré des pluies plus ou moins abondantes, fertilisantes ou inondantes. Comme cela avait été le cas, deux ans auparavant. De plus, la situation sociale du pays d’était quelque peu aggravée ces derniers mois. Des promesses non tenues, un pouvoir installé depuis 30 ans , des faits divers , le coût des matières premières devenu trop lourd à supporter ont amené à des réactions violentes de la part de la population qu’elle soit civile ou militaire. Depuis plusieurs semaines le calme semble être revenu au grand soulagement de Jean.
Qui serait à l’aéroport ? Il avait bien sûr annoncé son arrivée. Le chauffeur tout d’abord sera, en principe, présent. Quand bien même, il ne savait pas encore son nom. Les amis ensuite, peut-être personne, peut-être Moussa ou Henri. Jean avait pensé à réserver une chambre à Ouaga, à la pension Sarah, son lieu d’hébergement privilégié depuis plusieurs années.
Des claquements dans les oreilles tirèrent Jean de sa rêverie. La descente se précisait. Jean aperçut enfin la capitale qui se rapprochait de lui. Ouaga, enfin..! Immense et étendue en plein cœur du Sahel, telle une oasis tentaculaire, mais salvatrice. Il lui sembla que la ville avait encore plus étendu sa superficie, phagocytant année après année des tas de petites «cours» ancestrales et familiales qui ont été rejointes depuis par les faubourgs de Ouaga.
On distinguait maintenant les quartiers de cette cité, avec de partout des travaux de constructions ou de rénovation. Jean aperçut les fameux nouveaux «échangeurs», à la mode occidentale. «Travaux semble-t-il colossaux et pas forcément utiles», pensa Jean, tous ces milliards de Francs CFA dépensés avec l’aide bienveillante des pays bailleurs de fonds du Burkina faso. Que de puits, que de collèges, ou de postes de santé aurait on pu construire avec ces financements! Bien sûr ces travaux ont été générateurs d’emplois, mais pas nécessairement avec de la main d’œuvre locale.
Jean vit l’aéroport de Ouaga qui se rapprochait. L’hôtesse avait d’ailleurs rappelé qu’il était interdit de se déplacer et d’utiliser tout matériel électronique

07:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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